Samsung developpe en secret un accelerateur d’intelligence artificielle dedie aux PC, baptise Gaia, deja teste par HP et Lenovo, selon plusieurs medias coreens repris par la presse tech le mois dernier. Le composant marquerait le retour du geant coreen dans les processeurs pour ordinateurs apres environ treize ans d’absence.
L’information, revelee par le Korea Economic Daily et relayee le 9 juillet par le leaker Ice Universe, positionne Gaia non pas comme un processeur central classique mais comme une puce compagnon dediee aux taches d’IA. Elle interviendrait a un moment ou chaque fabricant de silicium cherche a integrer un NPU (Neural Processing Unit) capable d’executer des modeles d’IA directement sur la machine, sans passer par le cloud.
Une puce NPU gravee en 4 nm, concue par System LSI
Selon Digital Trends, qui cite le rapport coreen, Gaia est developpee par la division System LSI de Samsung, la meme qui concoit les puces mobiles Exynos. Le composant serait grave sur un procede maison en 4 nanometres et articule autour d’un NPU optimise pour l’IA generative.
TechSpot decrit une architecture qualifiee de memory-centric
, c’est-a-dire centree sur la memoire. La puce viserait les on-device language models, real-time translation, image generation, and similar tasks offloaded from the CPU and GPU
, soit les modeles de langage locaux, la traduction en temps reel et la generation d’images, dechargees du processeur et de la carte graphique.
A titre de comparaison, un NPU dedie de ce type se distingue des solutions integrees aux processeurs actuels, ou l’accelerateur IA partage le meme die que les coeurs de calcul. Gaia serait au contraire une puce distincte, ce qui la rapproche d’un modele plus proche des accelerateurs specialises que d’un simple bloc grave dans un SoC.
HP et Lenovo aux manettes des tests
D’apres TechSpot, HP aux Etats-Unis et Lenovo en Chine testeraient deja des prototypes pour verifier les performances du composant. Digital Trends precise que des echantillons precoces auraient ete fournis aux deux constructeurs, sans que Samsung ait confirme officiellement le projet.
Le site gHacks rappelle que la division System LSI est aussi responsable des puces Exynos, ce qui donnerait a Samsung la possibilite rare d’associer une logique IA sur mesure a sa propre fabrication de memoire. Aucun chiffre de performance, de consommation ni de details architecturaux n’a en revanche filtre.
Ce que l’on ne sait pas encore
- La puissance de calcul en TOPS, non communiquee.
- L’enveloppe thermique et la consommation electrique.
- Le prix cible et les modeles de PC concernes.
- La confirmation officielle de Samsung, toujours absente.
Le pari du processing-in-memory
Samsung pousserait par ailleurs l’integration avec sa technologie de processing-in-memory (PIM), decrite par Digital Trends comme un procede qui enables certain calculations to happen directly inside memory, reducing the amount of data shuffled between the processor and RAM
, soit des calculs effectues directement dans la memoire pour reduire les echanges de donnees avec le processeur.
Cette approche repond a un goulet d’etranglement bien connu de l’IA embarquee, ou le deplacement des donnees entre la RAM et l’unite de calcul pese davantage sur la consommation que le calcul lui-meme. Samsung figure parmi les rares acteurs capables de coupler une logique IA maison a sa propre production de DRAM.
Un marche du NPU deja dispute
Si Gaia voit le jour, il arriverait sur un terrain sature. TechSpot cite Qualcomm et son NPU Hexagon integre au Snapdragon X2, Nvidia et sa plateforme RTX, Intel et ses accelerateurs graves dans le die, ainsi qu’AMD et ses NPU XDNA. La particularite de Samsung serait de proposer une puce autonome plutot qu’un bloc integre au processeur principal.
Selon les rapports coreens relayes par Digital Trends, la production de masse pourrait demarrer des 2027, avec des appareils commercialises fin 2027 ou debut 2028. Ces dates restent conditionnelles tant que Samsung n’a pas confirme l’existence du programme. Pour le fabricant, l’enjeu serait de reprendre pied dans le PC apres avoir alimente certains Chromebooks avec des puces Exynos 5 au debut des annees 2010.





