OpenAI a ouvert le 22 juillet 2026 son interface publicitaire en libre-service « Advertise in ChatGPT » à toutes les entreprises, permettant à n’importe quel annonceur de créer des campagnes ciblées sur le contexte conversationnel de l’assistant, sans dépense minimale.
La bascule marque un tournant pour une société qui présentait encore récemment la publicité comme un modèle économique de dernier recours. Elle installe un troisième acteur publicitaire de masse face à Google et Meta, sur une surface que les marques ne pouvaient jusqu’ici pas acheter directement. Selon MarketingTech News, le format s’appuie sur le contenu des conversations plutôt que sur des mots-clés, ce qui déplace la promesse de ciblage vers l’intention exprimée en langage naturel.
Un Ads Manager en libre-service, sans seuil d’entrée
D’après Axios, OpenAI avait lancé début mai 2026 une première version bêta de son gestionnaire de publicités réservée aux annonceurs américains, avant l’ouverture générale du 22 juillet. La plateforme, accessible à l’adresse ads.openai.com, permet de s’inscrire, de fixer un budget et de suivre les conversions via une API dédiée et un pixel de mesure.
Le principal changement tient à la suppression du ticket d’entrée. Les premières discussions commerciales évoquaient un CPM fixe autour de 60 dollars assorti d’un minimum de dépense de 200 000 dollars, rappelle l’analyse relayée par MarketingTech News. Le modèle bascule désormais vers une enchère au coût par clic, sans seuil, réglable par carte bancaire, ce qui ouvre l’accès aux petites structures.
Ce que peut acheter un annonceur
- Des campagnes ciblées sur le contexte de la conversation, et non sur des mots-clés isolés.
- Une facturation au clic via un système d’enchères, sans montant plancher.
- Un suivi des conversions post-clic par API et pixel.
Des encarts limités aux offres gratuites et Go
Les publicités apparaissent sous forme d’encarts sponsorisés clairement identifiés, placés en bas d’une réponse. Elles ne concernent que les utilisateurs des offres gratuite et Go, facturée 8 dollars par mois, tandis que les abonnements Plus, Team et Enterprise restent sans publicité. Le format reste textuel et sobre, sans vidéo ni bannière animée, selon la description d’Axios.
OpenAI cherche à contenir la défiance des utilisateurs sur la neutralité des réponses. « Les publicités n’influenceront pas les réponses que ChatGPT vous donne », a déclaré Fidji Simo, responsable des applications de l’entreprise, une ligne que la société répète pour distinguer l’affichage publicitaire du contenu généré.
Best Buy, Lowe’s et VistaPrint parmi les premiers annonceurs
OpenAI cite Best Buy, Lowe’s et VistaPrint parmi les enseignes ayant déjà déployé des campagnes sur la plateforme. Amy Adams, vice-présidente média de Best Buy, décrit une logique consistant à rejoindre les clients « dans ces moments » de recherche et de décision qui se déroulent de plus en plus dans une fenêtre de conversation plutôt que dans une barre de recherche.
La question du volume reste ouverte. EMARKETER estime que les revenus publicitaires générés par les agents conversationnels aux États-Unis devraient rester sous le milliard de dollars en 2026, un ordre de grandeur encore modeste face aux centaines de milliards captés par le duopole Google-Meta. Axios rappelle par ailleurs qu’OpenAI avait présenté le pilote comme une expérimentation, la firme ayant longtemps qualifié la publicité de dernier recours avant d’en faire une brique de revenu.
Un ciblage adossé à l’intention conversationnelle
L’argument commercial repose sur la nature des échanges. Une requête du type « quel est le meilleur logiciel de gestion de projet pour une équipe de dix personnes » place l’utilisateur dans un parcours de décision actif, et non dans un défilement passif, résume la documentation citée par les analystes du secteur. C’est cette intention déclarée, exprimée en langage naturel, qu’OpenAI vend comme signal de ciblage, là où Google et Meta s’appuient historiquement sur les mots-clés et les données comportementales.
Le déploiement s’inscrit dans une trajectoire assumée. OpenAI a recruté Fidji Simo, ancienne dirigeante de l’application Facebook chez Meta où elle a supervisé l’une des plus grandes régies publicitaires au monde, un profil qui témoigne de l’ambition de la société sur ce terrain.





