AMD préparerait une Radeon RX 9050 d’entrée de gamme déclinée en 8 Go et, plus surprenant, en 4 Go de VRAM, selon des fiches produit ASRock repérées puis retirées le 28 juillet. Ce format 4 Go n’avait plus été vu sur une carte de bureau depuis la RX 6500 XT de 2022.
La fuite intervient en pleine flambée des prix mémoire, un contexte qui pousserait AMD à rogner sur la quantité et la largeur du bus pour contenir les coûts. Reste que ce choix ravive le débat sur la viabilité d’une carte de jeu neuve limitée à 4 Go en 2026, alors que les titres récents réclament toujours plus de mémoire vidéo.
Une puce Navi 44 amputée de moitié
D’après les spécifications relayées par le compte X RubyRapids et reprises par Tom’s Hardware et Club386, la RX 9050 s’appuierait sur une puce Navi 44 fortement bridée, la même architecture RDNA 4 que la RX 9060. La carte n’exploiterait que 1 024 processeurs de flux, soit la moitié d’un Navi 44 pleinement activé. Ce positionnement la placerait tout en bas du catalogue de génération actuelle.
- 16 unités de calcul, 16 cœurs RT, 32 cœurs IA
- Mémoire GDDR6 cadencée à 18 Gb/s
- Version 4 Go sur bus 64 bits, version 8 Go sur bus 128 bits
- Alimentation par un seul connecteur PCIe 8 broches
- Deux sorties DisplayPort 2.1a et une HDMI 2.1b
Une bande passante réduite à la portion congrue
La déclinaison 4 Go se distingue surtout par son bus mémoire de 64 bits, qui plafonne la bande passante à 144 Go/s. La variante 8 Go, avec son bus 128 bits, doublerait ce chiffre à 288 Go/s. Un tel écart pèserait directement sur les performances dans les jeux, où une bande passante étranglée finit par brider même une puce autrement compétente.
La fiche ASRock Challenger mentionnait par ailleurs une fréquence de base de 1 920 MHz et un boost pouvant atteindre 2 600 MHz. Ces cadences resteraient toutefois secondaires face au goulet d’étranglement mémoire, particulièrement sur la version 4 Go, qui devrait souffrir dès que les textures dépassent sa capacité.
Un précédent qui inquiète
Ce bus étroit rappellerait la RX 6500 XT, dont la réception avait été tiède. Club386 juge les caractéristiques « egregiously low-end » et prévient qu’il « est difficile d’imaginer cette nouvelle offre RDNA 4 nettement meilleure » que le modèle RDNA 2 de 2022, déjà dépassé à sa sortie. La comparaison n’a rien d’anodin, tant la 6500 XT reste citée comme un contre-exemple de carte trop limitée pour les usages modernes.
Le retour d’un format 4 Go irait à rebours de la tendance du marché, où même l’entrée de gamme migre vers 8 Go au minimum. Pour de nombreux jeux récents en 1080p, 4 Go de VRAM obligent déjà à réduire les détails, quand ils ne provoquent pas de saccades liées au débordement mémoire.
La crise mémoire en toile de fond
Le retour d’un format 4 Go s’expliquerait par la pénurie de mémoire qui frappe le marché. Recourir à des modules moins nombreux ou de plus faible capacité ferait mécaniquement baisser le coût de fabrication, un argument de poids alors que les puces GDDR se raréfient au profit de la HBM et de la mémoire serveur.
Selon Tom’s Hardware, le suivi des tarifs mémoire montre des hausses sévères depuis fin 2025, la DDR5 6000 CL28 ayant vu son prix moyen bondir de plus de 400 % sur un an. Dans ce climat, un modèle plus économe en VRAM permettrait à AMD de maintenir un point d’entrée abordable, quitte à sacrifier les performances.
Une disponibilité qui pourrait rester limitée
La page produit d’ASRock, depuis supprimée, indiquait que « ce modèle pourrait ne pas être commercialisé dans le monde entier », ce qui laisserait présager un lancement d’abord réservé à la Chine, à l’image d’autres références récentes. AMD n’a pour l’heure pas officialisé la carte, et ces informations demeurent au stade de la fuite.
Si elle se confirmait, la RX 9050 4 Go viendrait combler le bas du catalogue RDNA 4, sous la RX 9060 OEM. Son intérêt réel dépendra du tarif final et de la capacité de la version 8 Go à offrir une marge de manœuvre suffisante face aux jeux récents, de plus en plus gourmands en mémoire vidéo.





