Thinking Machines Lab lance Inkling, son premier modèle d’IA en open-weight

Baies de serveurs dans un centre de données, illustrant l'infrastructure des modeles d'intelligence artificielle

Thinking Machines Lab, la start-up fondée par l’ancienne directrice technique d’OpenAI Mira Murati, a dévoilé le 15 juillet 2026 son premier modèle d’intelligence artificielle, baptisé Inkling. Fait notable, ce modèle est proposé en open-weight, téléchargeable et modifiable par les développeurs.

L’annonce marque un tournant pour la jeune société, restée jusqu’ici discrète depuis sa création début 2025. En misant sur un modèle ouvert plutôt que fermé, Thinking Machines prend le contre-pied des laboratoires phares comme OpenAI, Anthropic ou Google, dont les modèles de pointe demeurent propriétaires.

Un modèle massif mais parcimonieux

Selon TechCrunch, Inkling repose sur une architecture de type « mixture-of-experts » cumulant 975 milliards de paramètres au total, mais n’en activant qu’environ 41 milliards pour une tâche donnée. Le modèle aurait été entraîné sur 45 000 milliards de tokens mêlant texte, image, audio et vidéo, et raisonnerait nativement à travers ces quatre modalités, même si ses sorties se limitent pour l’instant au texte, au code et à des données structurées.

La société revendique une efficacité accrue: pour des performances de codage équivalentes, Inkling utiliserait « un tiers moins de tokens que le Nemotron 3 Ultra de Nvidia », d’après TechCrunch. Une manière de mettre en avant le rapport coût-performance plutôt que la seule puissance brute.

La modularité plutôt que la performance maximale

Thinking Machines assume que son modèle n’écrase pas la concurrence. La société le décrit elle-même comme « pas le modèle le plus performant disponible aujourd’hui », selon Fortune. Le pari repose ailleurs: une IA que les organisations peuvent adapter à leurs propres besoins surpasserait, à terme, les modèles uniformes vendus par les plus grands laboratoires.

Inkling est conçu pour fournir des réponses calibrées, en signalant son incertitude plutôt qu’en devinant, rapporte Axios. Les utilisateurs peuvent aussi ajuster « l’effort de réflexion » à la hausse ou à la baisse, afin d’arbitrer entre rapidité et qualité de raisonnement selon leurs contraintes.

Un modèle non monétisé, adossé à Tinker

Fait inhabituel, Thinking Machines n’entend pas monétiser directement Inkling. Les revenus de la société proviennent aujourd’hui de Tinker, une plateforme destinée aux développeurs pour affiner (fine-tuner) des modèles d’IA. La responsabilité de la sûreté des personnalisations incomberait aux clients eux-mêmes.

Pour bâtir Inkling, la start-up aurait eu recours à d’autres modèles ouverts, dont le Kimi K2.5 de Moonshot AI, afin de générer une partie de ses données d’entraînement post-formation avant que l’apprentissage par renforcement ne prenne le relais, précise TechCrunch.

Un enjeu de crédibilité pour Mira Murati

Le lancement constitue un test grandeur nature pour la vision défendue par sa fondatrice. « Nos interactions les unes avec les autres sont très riches. Il y a beaucoup d’information dans nos interactions – quand on est silencieux, quand on réfléchit, quand on s’interrompt », déclarait Mira Murati à Bloomberg en juin 2026, résumant l’ambition d’une IA capable de capturer ces nuances.

La société, fondée en février 2025, a levé 2 milliards de dollars pour une valorisation de 12 milliards, selon Fortune, et serait en discussion pour un tour de table qui la valoriserait autour de 50 milliards. Elle a toutefois vu certains de ses employés partir chez Meta et OpenAI, dans un marché des talents en IA sous très forte tension. La réception d’Inkling par la communauté des développeurs dira, dans les prochaines semaines, si le pari de la modularité trouve son public.

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