Intel envoie sa gravure 18A en orbite avec Starfire, un SoC dérivé de Panther Lake

Satellite miniature de test en orbite, illustrant l'électronique spatiale visée par la puce Intel Starfire

Intel a dévoilé Starfire, un système sur puce durci pour l’espace qui embarque huit cœurs, un NPU trois tuiles gravé en 18A et une partie graphique Xe en Intel 3. Le fondeur revendique jusqu’à 75 TOPS de calcul IA pour équiper les satellites du gouvernement américain.

Le composant, présenté à la mi-juillet 2026, marque la première incursion de la gravure la plus avancée d’Intel dans un environnement où la moindre erreur de calcul peut condamner une mission. Selon la fiche produit citée par la presse spécialisée, Starfire reprend l’architecture de la plateforme grand public Panther Lake, adaptée à des conditions bien plus extrêmes.

Un dérivé assumé de Panther Lake

D’après Notebookcheck et HotHardware, Starfire aligne quatre cœurs performants et quatre cœurs basse consommation, soit huit cœurs au total, assemblés en boîtier Foveros multi-tuiles hérité des puces client d’Intel. Le NPU à trois tuiles est gravé sur le nœud 18A, tandis que la partie graphique repose sur quatre cœurs Xe fabriqués en Intel 3.

Le média allemand igor’s LAB résume ainsi la filiation : « La configuration de base est techniquement très proche de la plateforme Panther Lake d’Intel, mais a été adaptée à des conditions environnementales nettement plus extrêmes. » La puce prend en charge la mémoire LPDDR5 et DDR5 et expose douze lignes PCIe Gen4.

Deux profils de puissance très éloignés

Intel décline Starfire en deux variantes. La première, calée sur une enveloppe de 10 W, plafonne à 45 TOPS avec des cœurs performants à 1 GHz. La seconde, à 35 W, grimpe à 75 TOPS et pousse les cœurs performants à 3,1 GHz, selon les chiffres relayés par HotHardware.

Ces valeurs restent modestes face aux dizaines de milliers de TOPS annoncés sur les accélérateurs de datacenter, mais l’enjeu diffère. À bord d’un satellite, chaque watt et chaque gramme comptent, et l’objectif est de traiter les données à la source plutôt que de tout renvoyer au sol.

Traiter les images directement en orbite

L’intérêt d’une telle puce tient à l’inférence embarquée. igor’s LAB décrit un composant capable de « classer les données d’image dès l’orbite, filtrer les nuages ou les images inutilisables, détecter des événements inhabituels ou hiérarchiser les informations pertinentes pour la transmission ».

Les flux issus des caméras hyperspectrales ou des radars à synthèse d’ouverture sont trop volumineux pour être intégralement téléchargés vers les stations terrestres. En triant à bord, Starfire ne redescendrait que les bits jugés critiques, réduisant la bande passante nécessaire pour les satellites d’observation de la Terre, de communication et de défense.

Une qualification radiations encore inachevée

La puce affiche une plage de fonctionnement de -55 à 125 °C et une durée de vie annoncée supérieure à dix ans. Elle intègre des protections contre la dose ionisante totale (TID), le verrouillage sur événement unique (SEL) et les autres effets d’événement unique (SEE).

Un bémol demeure toutefois. Comme le souligne Tom’s Hardware, Intel classe encore ces données de tenue aux radiations comme une « caractérisation en cours », si bien que le composant n’est pas formellement qualifié pour le vol spatial. Les transistors plus petits stockent moins de charge par bit, ce qui rend une gravure de pointe plus sensible aux basculements induits par les radiations ; Intel s’appuie donc sur son architecture RibbonFET et sur un durcissement au niveau du design.

Une carte pour la souveraineté américaine

Starfire est piloté par Intel Government Technologies, qui prévoit des premiers échantillons au troisième trimestre 2026, avec une promesse de tarifs compétitifs et d’une fabrication domestique. La puce serait produite aux États-Unis, en cohérence avec les programmes fédéraux visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs critiques.

Pour Intel, l’opération dépasse le simple contrat de niche. Placer sa gravure 18A dans un usage aussi exigeant que le spatial constitue une vitrine pour un nœud sur lequel le fondeur mise pour son retour dans la course, alors que ses spécifications restent, de son propre aveu, susceptibles d’évoluer.

S'abonner à la newsletter