Glen Schofield, créateur de la saga Dead Space et réalisateur de The Callisto Protocol, a annoncé le 14 juillet 2026 sur LinkedIn son retrait du développement de jeux vidéo après trente-cinq ans de carrière. Le départ de l’une des figures majeures du survival-horror et du jeu d’action à gros budget survient alors que l’industrie traverse une vague de fermetures de studios et de licenciements, et relance le débat sur l’avenir du triple-A et l’irruption de l’intelligence artificielle dans la création.
Un départ acté sur LinkedIn
Dans une vidéo publiée sur LinkedIn, Schofield a formulé sa décision sans détour, rapporte Shacknews. « Après trente-cinq ans à faire des jeux, à les réaliser et à diriger des équipes, il est temps pour moi de me retirer officiellement du travail quotidien », a-t-il déclaré. Le développeur y remercie ses collaborateurs et évoque un choix mûri de longue date.
Selon Video Games Chronicle, le créateur dit avoir été marqué par le rythme du développement moderne, qu’il ne juge plus soutenable au quotidien. Dans un entretien accordé à GamesBeat le 14 juillet, il a résumé le dilemme. « C’est la décision la plus difficile de ma vie parce que c’est un travail de rêve », a-t-il confié, ajoutant ne plus être certain de pouvoir en assumer le train-train quotidien.
Trente-cinq ans et une trentaine de jeux
Entré dans l’industrie en 1990 comme artiste 2D, Schofield estime avoir travaillé sur une trentaine de titres. « Je crois avoir réalisé environ 30 ou 31 jeux, et j’ai contribué à bien d’autres encore », a-t-il déclaré à GamesBeat. Son nom reste attaché à Dead Space, sorti en 2008 chez Electronic Arts, qui a redéfini le survival-horror spatial.
Sa trajectoire l’a ensuite conduit chez Sledgehammer Games, où il a supervisé plusieurs volets de Call of Duty, avant de fonder Striking Distance Studios. Selon Shacknews, il a piloté trois épisodes de la franchise, Modern Warfare 3, Advanced Warfare et WWII.
The Callisto Protocol, le projet de trop
Son dernier jeu, The Callisto Protocol, publié en 2022, a laissé des traces. « C’est le développement le plus dur de ma vie », a confié Schofield à GamesBeat, chiffrant le budget de production à environ 150 millions de dollars. Le titre, présenté comme un héritier spirituel de Dead Space, avait reçu un accueil mitigé malgré ses ambitions techniques.
Cette expérience éprouvante a pesé dans sa décision de tourner la page. Le développeur assure toutefois garder foi dans les productions à gros budget. « Les jeux triple-A ne sont pas morts. Pas dans mon esprit. Ils reviendront », a-t-il affirmé, à contre-courant d’un secteur secoué par les restructurations.
Une retraite orientée vers l’IA générative
Schofield ne quitte pas la création pour autant. Il indique se consacrer désormais à l’art visuel et à l’intelligence artificielle générative, qu’il défend contre ses détracteurs. « Pour moi, ce n’est qu’un autre logiciel », a-t-il déclaré à GamesBeat, estimant que l’outil lui permet d’expérimenter beaucoup plus vite.
Sa position tranche avec la méfiance d’une partie des créateurs face à ces technologies. « Les gens veulent que ça échoue parce qu’ils ne veulent pas apprendre », a-t-il ajouté. Le retrait de Schofield intervient dans un contexte tendu pour l’industrie, alors que plusieurs milliers de postes ont été supprimés chez les grands éditeurs depuis le début de l’année 2026, selon les comptes-rendus de Video Games Chronicle.





