ChatGPT capte 92 % du trafic de référence des IA selon Previsible

Illustration du marketing digital et du référencement à l'ère des moteurs de recherche par intelligence artificielle

Le trafic web envoyé par les intelligences artificielles génératives se concentre massivement sur un seul acteur. Une étude publiée en juillet 2026 par le cabinet Previsible attribue 92,4 % du trafic de référence issu des grands modèles de langage à ChatGPT, loin devant Gemini, Claude, Perplexity et Copilot. Menée sur 6,77 millions de sessions, l’analyse alimente le débat sur la manière dont les éditeurs et les marketeurs doivent adapter leur visibilité à l’ère des moteurs conversationnels.

Pour les responsables webmarketing, le chiffre déplace le centre de gravité de l’optimisation. Là où la recherche organique se répartissait entre plusieurs moteurs, le trafic issu des IA paraît suivre une logique de concentration qui pourrait rebattre les priorités des stratégies de contenu et d’acquisition. La question de la mesure de cette visibilité, encore balbutiante il y a un an, devient un chantier concret pour les annonceurs.

Une étude sur 166 propriétés GA4

Selon Previsible, relayé par Search Engine Land, le rapport s’appuie sur 166 propriétés Google Analytics 4 réparties entre logiciels, e-commerce, finance, droit, santé, assurance, éducation, édition et billetterie. Les données couvrent la période de novembre 2024 à mai 2026, soit dix-neuf mois. Sur cette fenêtre, le volume mensuel de sessions attribuées aux modèles de langage aurait été multiplié par 9,9, pour atteindre 644 478 visites en mai 2026.

La part de ChatGPT y domine sans partage. Le service d’OpenAI aurait vu son trafic de référence multiplié par 12,8 sur la période, quand Google AI Overviews est explicitement exclu de l’analyse, ses données reposant sur un mode de mesure différent. Cette exclusion invite à lire le chiffre de 92,4 % comme une part du trafic sortant des chatbots vers les sites, et non comme une mesure de l’usage global des IA de recherche.

Claude progresse, Perplexity et Copilot reculent

Derrière ChatGPT, la hiérarchie se recompose. Claude, l’assistant d’Anthropic, afficherait la plus forte progression relative avec une croissance de 64 fois sur dix-neuf mois, passant de 133 sessions en novembre 2024 à 8 528 en mai 2026. Gemini, de son côté, aurait crû de 3,2 fois, avec 18 119 sessions sur le dernier mois mesuré, un niveau qui en fait le deuxième pourvoyeur de trafic derrière ChatGPT.

À l’inverse, deux acteurs marquent le pas. Perplexity, après un pic de 17 507 sessions en mars 2025, aurait reculé de 61 % pour retomber à 6 788 sessions en mai 2026. Copilot, l’assistant de Microsoft, connaîtrait une chute de 96 % depuis son sommet d’août 2025, ne totalisant plus que 339 sessions selon le rapport.

Un signal pour les stratégies de contenu

Au-delà des volumes, l’étude s’attarde sur le type de pages atteintes. ChatGPT dirigerait 28,8 % de son trafic vers des pages de résultats de recherche internes aux sites, une proportion proche de 25 % pour l’ensemble du trafic issu des IA, tous secteurs confondus. Un motif qui interroge la valeur réelle de ces visites et la manière de les convertir, ces pages étant rarement optimisées pour la transformation.

David Bell, directeur produit et cofondateur de Previsible, résume l’enjeu pour les équipes marketing. « Optimiser pour la « visibilité IA » sans donner la priorité à ChatGPT, c’est optimiser pour une abstraction », déclare-t-il, cité par Search Engine Land. Le cabinet précise que Bell est cofondateur de la structure ayant conduit l’étude, un élément à prendre en compte dans la lecture des résultats.

Des chiffres à relativiser

Les données ne mesurent que le trafic de référence traçable, c’est-à-dire les visites où le modèle transmet une source cliquable. Elles laissent de côté les réponses générées sans redirection, ainsi que les résumés affichés directement dans les moteurs, comme AI Overviews. La domination de ChatGPT porterait donc sur la fraction du trafic qui parvient effectivement jusqu’aux sites, et non sur l’ensemble des interactions avec les IA.

L’analyse recoupe néanmoins d’autres observations du secteur sur la concentration du trafic conversationnel. Publié en juillet 2026, le rapport de Previsible constitue, à ce jour, l’un des jeux de données les plus étendus rendus publics sur le sujet.

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