Valar Atomics lève 1 milliard pour ses réacteurs pour l’IA

Centrale nucléaire avec ses tours de refroidissement illustrant l'énergie destinée aux centres de données d'intelligence artificielle

La start-up américaine du nucléaire Valar Atomics a annoncé le 3 août 2026 une levée de fonds d’un milliard de dollars en série B, menée par Sequoia Capital, pour produire en série des petits réacteurs modulaires destinés à alimenter les centres de données d’intelligence artificielle.

L’opération, confirmée par Bloomberg et TechCrunch, valorise l’entreprise fondée en 2023 à 6 milliards de dollars. Elle s’ajoute à une ligne de crédit de 200 millions de dollars accordée par la banque Erebor et d’autres prêteurs, portant le total mobilisé à 1,2 milliard. Cette levée illustre le déplacement des capitaux du capital-risque vers l’énergie, devenue le principal goulet d’étranglement de la course à l’IA.

Un tour de table adossé à Sequoia

Sequoia Capital conduit la ronde par l’intermédiaire de son associé Shaun Maguire, qui rejoint le conseil d’administration de Valar Atomics. Selon la liste communiquée par TechCrunch, neuf autres investisseurs participent, dont Point72, le fonds du gestionnaire Steven Cohen, Valor Equity Partners, Atreides Management, Riot Ventures, HOF Capital et Conviction.

La société conçoit des réacteurs à haute température refroidis au gaz, une catégorie de petits réacteurs modulaires (SMR) qui utilisent un combustible TRISO enrobé de céramique et de l’hélium comme fluide caloporteur, à la place de l’eau. Ce choix technique vise des sites décentralisés, au plus près des installations qu’il s’agit d’alimenter.

Valar Atomics, issue de travaux menés autour du laboratoire de Los Alamos, intègre verticalement la conception, la construction et l’approvisionnement en combustible. Cette stratégie doit lui permettre de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur pour abaisser les coûts unitaires à mesure que le volume augmente, argument régulièrement mis en avant par ses dirigeants auprès des investisseurs.

La demande électrique de l’IA en toile de fond

La levée intervient alors que l’essor des centres de données pousse les industriels de la tech à sécuriser des sources d’électricité stables et abondantes. Valar Atomics affirme avoir alimenté un système Nvidia Blackwell avec son réacteur baptisé Ward 250 au mois de juin, puis avoir signé un accord de développement avec Nvidia pour une « usine à IA » de 30 mégawatts fonctionnant sans eau.

Cette orientation rejoint une série d’opérations récentes où l’énergie sert de moteur au financement de l’IA. Dans la même semaine, la start-up Base Power a bouclé un tour de série D d’un milliard de dollars, valorisé 13 milliards, pour fabriquer des batteries résidentielles destinées à soulager des réseaux électriques sous tension. Les gestionnaires de centres de données cherchent à verrouiller des approvisionnements électriques dédiés, faute de capacité disponible sur les réseaux existants, ce qui déplace une partie du financement de l’IA vers les infrastructures de production d’électricité.

De la démonstration à la production en série

Le message central de Valar Atomics porte sur le passage à l’échelle industrielle. « Un réacteur peut être construit comme un projet. Une flotte doit être fabriquée », a résumé le fondateur et directeur général Isaiah Taylor, cité par plusieurs médias pour justifier l’ampleur du financement.

L’entreprise met en avant l’accélération de ses cycles de développement. « Il a fallu deux ans pour achever le cœur NOVA. Il a fallu sept mois pour rendre Ward 250 critique », a déclaré Isaiah Taylor dans le communiqué de l’entreprise. Valar promet que, « avec chaque réacteur construit, le rythme deviendra plus court jusqu’à produire des dizaines, puis des centaines, puis des milliers de réacteurs par an ».

Un pari sur un secteur encore réglementé

Le déploiement commercial reste soumis à de fortes contraintes. La construction et l’exploitation de réacteurs nucléaires, même de petite taille, dépendent d’autorisations réglementaires que Valar Atomics n’a pas détaillées, et l’entreprise n’a communiqué aucun calendrier précis de mise en service de ses unités. Son fondateur, ancien décrocheur du lycée selon Tech Funding News, incarne le profil des porteurs de projets énergivores que le capital-risque finance désormais à des valorisations élevées avant toute production de masse.

La prochaine étape attendue portera sur la capacité de Valar Atomics à transformer une démonstration réussie en une chaîne de fabrication répétable, seul moyen de tenir la promesse de milliers de réacteurs par an brandie devant ses investisseurs.

S'abonner à la newsletter