La flambée des prix de la mémoire commence à ralentir sans reculer

Module de memoire DRAM Micron, au coeur de la flambee des prix de 2026

La hausse vertigineuse des prix de la mémoire montre ses premiers signes d’essoufflement. Selon le cabinet TrendForce, les tarifs de la DRAM et de la NAND continuent de grimper au troisième trimestre 2026, mais à un rythme nettement plus mesuré qu’au printemps.

Après des trimestres marqués par des bonds de plus de 60 %, l’envolée se heurte à un plafond : le prix de tolérance des acheteurs grand public, ceux qui montent un PC ou achètent un smartphone. La demande des serveurs d’intelligence artificielle, elle, reste vorace et maintient la pression sur toute la chaîne.

Des hausses qui restent fortes au troisième trimestre

Dans une note publiée le 3 juillet 2026, TrendForce anticipe une progression des prix contractuels de la DRAM comprise entre 13 et 18 % en glissement trimestriel sur le troisième trimestre. La mémoire flash NAND, de son côté, augmenterait de 10 à 15 % sur la même période.

Ces chiffres traduisent un ralentissement net par rapport au deuxième trimestre, où la DRAM avait bondi d’environ 60 %. Le cabinet reste toutefois clair : il s’agit d’une décélération, pas d’une baisse. Les tarifs continuent de progresser depuis des niveaux déjà records.

Le grand public atteint sa limite

La modération vient d’abord de la demande. TrendForce écrit que « les prix contractuels records signifient que les clients des marchés grand public, comme les PC et les smartphones, atteignent leur limite d’accessibilité, ce qui conduit à des hausses de prix plus modérées au troisième trimestre 2026 ».

Le cabinet note que les fabricants de smartphones deviennent « de plus en plus prudents dans leur planification de production », tandis que la demande pour la DRAM grand public destinée aux téléviseurs et aux décodeurs reste faible. Autrement dit, l’acheteur final commence à renoncer, ce qui bride mécaniquement la capacité des fondeurs à imposer de nouvelles augmentations.

L’IA garde la main sur l’offre

Si les prix ne reculent pas, c’est que la mémoire pour serveurs reste sous-approvisionnée. TrendForce indique que la DRAM serveur devrait « rester en sous-offre au troisième trimestre », portée par les plateformes x86 et les configurations RDIMM utilisées pour les charges d’IA. Les expéditions de serveurs devraient demeurer robustes jusqu’en 2027.

Le mécanisme est désormais bien identifié : Samsung, SK Hynix et Micron réorientent leurs lignes vers la HBM et les composants serveur à forte marge, au détriment de la DDR5 et de la DDR4 grand public. Cette réallocation prive le marché PC d’une partie de son approvisionnement, ce qui entretient des tarifs élevés malgré une demande finale qui faiblit. Les modules GDDR utilisés par les cartes graphiques subissent la même logique, la priorité étant donnée aux puces à haute densité destinées aux accélérateurs d’IA plutôt qu’aux GPU grand public.

Une facture bien réelle pour les monteurs PC

Sur le terrain, l’effet reste douloureux. Tom’s Hardware, qui suit les prix de la mémoire au quotidien, relève en août 2026 des kits DDR5 de 32 Go affichés autour de 379 dollars, certaines références G.Skill grimpant jusqu’à près de 600 dollars. Un kit DDR5-6000 de 32 Go qui se négociait sous les 90 dollars un an plus tôt s’est approché des 529 dollars, soit une multiplication par près de quatre.

Le contraste est saisissant avec les envolées ponctuelles observées côté distribution : Tom’s Hardware a documenté des listings délirants sur Newegg, où des kits G.Skill et Corsair de capacités et vitesses variées se sont retrouvés étiquetés à 4 000 dollars, symptôme d’un marché sous tension où les prix affichés perdent parfois tout ancrage. Pour un assembleur, la mémoire n’est plus une variable d’ajustement négligeable mais l’un des postes les plus lourds d’une configuration, parfois devant le processeur lui-même.

Un répit conditionnel jusqu’en 2027

Le ralentissement décrit par TrendForce n’annonce donc pas de détente immédiate pour les acheteurs. Tant que les centres de données d’IA absorberont la production prioritaire des trois grands fondeurs, la mémoire grand public restera rare et chère. Les analystes évoquent une tension susceptible de perdurer jusqu’en 2027, ce qui laisse peu d’espoir d’un retour rapide aux tarifs d’avant la ruée sur l’IA. Au 6 août 2026, monter ou faire évoluer un PC de jeu passe toujours par une ligne budgétaire mémoire aussi lourde qu’inhabituelle.

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