La plainte de Nintendo contre Palworld s’achemine vers une issue à 30 000 dollars

Marteau de juge posé sur un socle dans une salle d'audience

Le procès en contrefaçon de brevets intenté par Nintendo et The Pokémon Company contre le studio japonais Pocketpair, éditeur de Palworld, se dirige vers une conclusion presque symbolique, deux jours avant que le jeu ne quitte son accès anticipé le 10 juillet.

Selon le site spécialisé Games Fray, tenu par l’analyste en propriété intellectuelle Florian Mueller, Nintendo n’a plus aucune chance d’obtenir le retrait de Palworld des boutiques et pourrait ne récupérer qu’environ 5 millions de yens, soit près de 30 000 dollars. Une somme dérisoire au regard des enjeux affichés en 2024, quand la firme de Kyoto réclamait l’arrêt de la commercialisation du jeu.

Une plainte réduite aux anciennes versions

Déposée en septembre 2024 devant le tribunal de district de Tokyo, la procédure vise trois brevets couvrant des mécaniques de jeu : la capture d’une créature en lançant un objet, l’envoi d’un personnage vers un autre pour déclencher un combat, et un système de monture permettant de chevaucher des créatures sur terre, dans les airs et sur l’eau.

En novembre 2025, Nintendo et The Pokémon Company ont amendé la portée de leurs demandes. Selon Games Fray et le site Techdirt, le litige ne concerne désormais plus que d’anciennes versions de Palworld, celles qui existaient avant que Pocketpair ne modifie son jeu pour contourner les brevets. Ces versions ne sont plus disponibles à la vente, ce qui vide l’action de l’essentiel de sa portée.

Pocketpair a remodelé son jeu

Face à la pression judiciaire, le studio a retouché plusieurs de ses mécaniques. Le patch v0.5.5, déployé en mai 2025, a remplacé le vol plané obtenu en chevauchant un Pal par un système de planeur reposant sur un objet dédié, les créatures ne fournissant plus qu’un bonus passif. La capture par lancer de sphères a elle aussi été retravaillée.

Ces ajustements expliquent pourquoi une éventuelle injonction n’aurait plus d’effet concret. « Même si Nintendo l’emporte sur les arguments techniques restants, le versement maximal est plafonné », résume Florian Mueller, cité par plusieurs médias dont Video Games Chronicle et Insider Gaming.

Un calendrier fixé à l’automne

Le tribunal de district de Tokyo doit examiner les preuves lors d’une audience programmée le 1er octobre 2026, avant de rendre son opinion le 9 novembre. Aucune décision définitive n’est donc attendue avant la fin de l’année, et le montant final reste suspendu à l’appréciation des juges.

La bataille dépasse le seul cas de Palworld. Nintendo a multiplié les dépôts de brevets sur des mécaniques génériques, une stratégie critiquée par une partie de l’industrie qui y voit un risque pour les développeurs indépendants. Le média Kotaku a qualifié cette accumulation de menace pour la création vidéoludique.

Un lancement 1.0 épargné

Pour Pocketpair, l’échéance judiciaire n’a pas entravé le calendrier commercial. Palworld est passé en version 1.0 le 10 juillet 2026 sur PC, Xbox et PlayStation 5, après plus de deux ans d’accès anticipé et un cumul revendiqué de plus de 40 millions de joueurs depuis sa sortie initiale en janvier 2024.

La mise à jour, gratuite sur toutes les plateformes et disponible dès le premier jour sur le Game Pass, débloque l’Arbre-Monde, un décor scellé derrière une barrière rouge depuis le lancement en accès anticipé. Le studio a par ailleurs confirmé qu’il ne relèverait pas le prix du jeu pour ce passage en version finale.

Les demandes amendées de Nintendo, selon Florian Mueller, ne laissent à la firme « aucune voie » pour obtenir une réparation significative contre les versions actuelles du jeu, quelle que soit la plateforme.

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