Bruxelles resserre l’étau. La Commission européenne pourrait désigner dès ce mois d’août ChatGPT Search et Roblox comme services soumis aux obligations les plus strictes du règlement sur les services numériques (DSA).
Ce classement ferait de ChatGPT le premier agent conversationnel et de Roblox la première plateforme de jeu à basculer dans le tier supérieur du DSA, aux côtés de Facebook, TikTok, X ou YouTube. Il impose des audits, des évaluations de risques et une transparence accrue, sous peine d’amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial.
Le seuil des 45 millions d’utilisateurs franchi
Le DSA fixe un cap : au-delà de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union, un service devient une très grande plateforme en ligne (VLOP) ou un très grand moteur de recherche (VLOSE). Selon les chiffres rapportés par Roblox, la plateforme a compté 48 millions d’utilisateurs actifs mensuels moyens dans l’UE sur la période de six mois close le 13 février 2026, soit au-dessus du seuil.
ChatGPT Search, la fonction de recherche web d’OpenAI, aurait de son côté également franchi ce plancher. Interrogé par Reuters, le porte-parole de la Commission Thomas Regnier a jugé une désignation « tout à fait possible », ajoutant qu’elle pourrait « intervenir tôt ou tard ».
Ce que change le statut VLOP
La désignation n’est pas symbolique : elle déclenche un arsenal d’obligations dans un délai généralement fixé à quatre mois. Les services concernés doivent notamment se plier à plusieurs exigences.
- Réaliser chaque année des évaluations de risques systémiques et des audits indépendants ;
- Publier des rapports de transparence sur la publicité, les systèmes de recommandation et la modération ;
- Proposer un flux de recommandations non fondé sur le profilage ;
- Partager des données avec la Commission et des chercheurs habilités ;
- Signaler les infractions pénales et désigner un point de contact pour autorités et utilisateurs.
Le règlement prévoit aussi des frais de supervision à la charge des plateformes désignées, destinés à financer le contrôle exercé par la Commission.
La protection des mineurs en toile de fond
Le dossier Roblox intervient alors que la sécurité des enfants sur les plateformes concentre l’attention des régulateurs européens. Fréquentée massivement par un public jeune, l’application est régulièrement pointée pour les risques d’exposition des mineurs. Le statut VLOP obligerait l’éditeur à documenter ces risques et à démontrer les mesures d’atténuation mises en place, sous le contrôle direct de Bruxelles.
Pour ChatGPT Search, l’enjeu se déplace vers la fiabilité de l’information et la transparence des sources renvoyées aux internautes, à mesure que les moteurs dopés à l’IA rebattent les cartes de la recherche en ligne.
Une décision encore suspendue à la Commission
Le calendrier reste conditionnel. Aucune désignation formelle n’a été publiée au 6 août 2026, et la Commission n’a pas confirmé de date arrêtée. OpenAI a indiqué continuer à « dialoguer de manière positive avec Bruxelles ». Sollicité, Roblox n’a pas répondu dans l’immédiat. Une décision, si elle est adoptée dans les prochaines semaines, viendrait allonger une liste de très grandes plateformes déjà placées sous surveillance renforcée depuis l’entrée en application du DSA.




