Une coalition de plus de 140 entreprises, dont Visa, Stripe, Mastercard, BlackRock et Coinbase, a annoncé le 30 juin 2026 le lancement d’Open USD (OUSD), un stablecoin en dollar destiné à concurrencer Tether et Circle. Le projet est piloté par Open Standard, une société indépendante réunissant réseaux de paiement, banques et acteurs crypto.
L’initiative cible frontalement un marché des stablecoins que la Banque des règlements internationaux (BRI) évaluait à environ 316 milliards de dollars dans son rapport économique annuel 2026, aujourd’hui partagé quasi exclusivement entre deux jetons adossés au dollar. Selon Fortune, Tether (USDT) détenait environ 62 % du marché en avril 2026 et Circle (USDC) près de 25 %, une concentration qu’Open USD entend contester avec l’appui d’acteurs de la finance traditionnelle.
Une coalition de plus de 140 entreprises
D’après The Block, Open Standard regroupe des réseaux et processeurs de paiement comme Visa, Mastercard, American Express, Fiserv et Adyen, des banques et gérants d’actifs tels que BlackRock, BNY, Standard Chartered, U.S. Bank et BBVA, des plateformes technologiques comme Google et Shopify, ainsi que des acteurs natifs de la crypto, dont Coinbase, Ripple, Gemini et Aave.
Cuy Sheffield, responsable crypto de Visa, a détaillé la démarche. « Aujourd’hui, nous avons annoncé que Visa rejoint Open Standard aux côtés de Stripe, Coinbase, Mastercard, American Express, BlackRock, U.S. Bank, BBVA, Standard Chartered et plus de 100 partenaires initiaux, avec pour mission d’émettre Open USD, un stablecoin partagé conçu pour le système financier mondial », a-t-il écrit.
Un modèle de partage des revenus
Le principal argument de différenciation d’Open USD porterait sur son modèle économique. Selon Open Standard, cité par The Block, les entreprises pourraient émettre et racheter le jeton sans frais ni limite de volume, tandis que la majeure partie des revenus générés par les réserves serait redistribuée aux entreprises participantes après déduction d’une commission de gestion réduite.
Ce mécanisme tranche avec celui d’USDT et d’USDC, dont les émetteurs conservent l’essentiel des rendements tirés des réserves, majoritairement placées en bons du Trésor américain. Zach Abrams, directeur général par intérim d’Open Standard, a résumé l’ambition du projet. « C’est un stablecoin construit pour l’économie de l’internet, conçu par les entreprises qui la font croître », a-t-il déclaré selon Fortune.
Un déploiement multi-chaînes prévu plus tard en 2026
Open USD serait émis nativement sur le réseau Tempo dès son lancement, avec un déploiement plus large attendu au cours de l’année 2026. Matt Huang, directeur général de Tempo cité par The Block, a indiqué que le jeton y serait « émis nativement dès le premier jour », avec une prise en charge des paiements, de la liquidité, des échanges et de la finance décentralisée. Will Gaybrick, président technologie et activités de Stripe, a précisé qu’Open USD était « destiné à devenir le stablecoin par défaut pour les entreprises utilisant Stripe ».
Des réactions contrastées chez les émetteurs en place
Les émetteurs existants ont réagi publiquement à l’annonce. Sur X, le directeur général de Circle, Jeremy Allaire, a déclaré accueillir favorablement « la poursuite de l’innovation et de la concurrence dans le secteur ». Le patron de Tether, Paolo Ardoino, a réagi sur un ton plus direct. « Bienvenue OUSD. Le joueur 2 est entré dans la partie », a-t-il écrit.
L’arrivée d’Open USD intervient dans un contexte réglementaire chargé aux États-Unis, où six agences fédérales doivent finaliser d’ici le 18 juillet 2026 les règles d’application du GENIUS Act, la loi sur les stablecoins adoptée un an plus tôt. Dans son rapport 2026, la BRI a par ailleurs mis en garde contre une expansion rapide de ces jetons, estimant qu’une vague de rachats pourrait contraindre les émetteurs à liquider en urgence les bons du Trésor servant de garantie.





