Nvidia aurait demandé à au moins un de ses partenaires de suspendre le lancement de ses cartes GeForce RTX 50 Super, pourtant déjà fabriquées, faute d’une puce mémoire GDDR7 3 Go à un prix soutenable. L’information, rapportée par BenchLife, a été relayée les 20 et 23 juillet 2026 par VideoCardz, Tom’s Hardware et TechPowerUp.
Le blocage n’est pas technique mais économique. Ces modèles Super devaient précisément augmenter la capacité mémoire des RTX 50 grâce aux modules GDDR7 de 3 Go, plus denses que les 2 Go actuels. Or ce composant s’est envolé au moment même où Nvidia a transféré à ses fabricants la responsabilité de sourcer la mémoire, laissant ces derniers exposés à un marché tendu. Selon VideoCardz, plusieurs cartes seraient déjà assemblées et stockées chez un partenaire, prêtes à partir, mais retenues sur consigne du fondeur.
Une puce mémoire qui coûte trois fois plus cher
Selon les chiffres cités par Tom’s Hardware, un module GDDR7 de 3 Go se négocie autour de 60 à 70 dollars pièce, contre environ 20 dollars pour un module de 2 Go. Soit un surcoût d’environ trois fois pour seulement 50 % de capacité supplémentaire. Sur une carte équipée de six à huit modules, la facture mémoire grimpe de plusieurs centaines de dollars par unité.
Ce différentiel place Nvidia devant une équation inconfortable, résumée par TechPowerUp, qui décrit un fabricant forcé de « choisir entre relever nettement les prix conseillés ou faire absorber les pertes à ses partenaires ». Aucune des deux options n’est jugée tenable à quelques semaines d’un lancement. Un module de 3 Go n’apporte que la moitié de capacité en plus mais coûte le triple, un rendement défavorable qui ronge directement la marge d’une carte grand public.
Trois RTX 50 Super concernées, plus une RTX 5050
D’après VideoCardz, trois cartes Super sont directement touchées par ce report, toutes tributaires des modules 3 Go pour atteindre leur capacité annoncée.
- GeForce RTX 5080 Super, 24 Go de GDDR7 sur bus 256 bits
- GeForce RTX 5070 Ti Super, 24 Go de GDDR7 sur bus 256 bits
- GeForce RTX 5070 Super, 18 Go de GDDR7 sur bus 192 bits
La GeForce RTX 5050 9 Go serait elle aussi suspendue pour la même raison, ce modèle nécessitant trois modules de 3 Go pour tenir sa configuration mémoire. Les capacités visées, 24 Go sur les deux cartes haut de gamme et 18 Go sur la RTX 5070 Super, marquaient un net saut face aux versions non Super, argument commercial que Nvidia peine désormais à financer.
Des surcoûts au-delà de la seule mémoire
La mémoire concentre l’essentiel de la tension, mais elle n’est pas seule en cause. BenchLife signale que les fabricants encaissent également des hausses sur les systèmes de refroidissement, les circuits imprimés et le packaging, même si ces augmentations restent d’une ampleur inférieure à celle qui frappe la GDDR7.
Le contexte pèse. Depuis fin 2025, Nvidia a confié à ses partenaires le soin d’acheter eux-mêmes les puces mémoire, ce qui les met en concurrence directe pour un approvisionnement limité, dopé par la demande des accélérateurs d’intelligence artificielle. VideoCardz rappelle par ailleurs que Nvidia aurait relevé le tarif de ses kits GeForce, aussi bien en GDDR7 qu’en GDDR6, un signal supplémentaire d’une chaîne mémoire sous pression.
Un calendrier qui recule vers 2027
La série Super était initialement attendue courant 2026. Faute de solution sur le prix mémoire, VideoCardz situe désormais son apparition plutôt vers le CES 2027, sans qu’aucune date ne soit communiquée aux fabricants. Nvidia, de son côté, n’a officialisé aucune carte RTX 50 Super à ce jour et conserve donc toute latitude pour ajuster ses configurations.
Pour les acheteurs, l’attente d’une révision plus généreuse en mémoire se transforme en pari sur un marché de la GDDR7 dont rien n’indique qu’il se détendra à court terme.





