Circle a obtenu le 10 juillet 2026 l’approbation finale de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) pour créer First National Digital Currency Bank, N.A., une banque de dépôt fiduciaire nationale opérant sous le nom Circle National Trust. L’émetteur du stablecoin USDC devient ainsi l’un des premiers acteurs crypto placés sous supervision bancaire fédérale directe aux États-Unis.
Cette charte marque une bascule pour un secteur longtemps tenu à l’écart du système bancaire régulé. Une banque fiduciaire nationale est un statut fédéral spécial, centré sur la garde d’actifs et les services fiduciaires. Elle ne peut ni recevoir de dépôts de particuliers, ni accorder de crédits comme une banque commerciale classique, et n’est pas couverte par la garantie fédérale des dépôts (FDIC), selon les précisions apportées par CoinDesk et American Banker.
Ce que couvre la charte de l’OCC
Selon le communiqué officiel de Circle, la nouvelle entité assurera dès son ouverture des services de garde fiduciaire d’actifs numériques pour Circle et ses filiales. Elle pourrait ensuite proposer ces services de garde à un nombre limité de clients institutionnels, en particulier des banques et des organisations régulées de dérivés.
Circle prévoit à terme de faire gérer par cette structure la réserve d’USDC, ce qui placerait ces opérations sous supervision réglementaire fédérale. Jeremy Allaire, cofondateur, président et directeur général de Circle, a déclaré dans le communiqué : « OCC approval to establish Circle National Trust marks a defining step in bringing blockchain technology and digital assets into the core of the U.S. financial system. »
Un parcours réglementaire d’un an
D’après American Banker et Banking Dive, Circle avait déposé sa demande auprès de l’OCC le 30 juin 2025, puis obtenu une approbation conditionnelle en décembre 2025. L’entreprise figurait parmi cinq acteurs, aux côtés de Ripple, Paxos, BitGo et Fidelity, dont les dossiers de charte fiduciaire nationale avaient été approuvés sous conditions à ce moment-là. L’approbation du 10 juillet constitue le feu vert final pour lancer l’établissement.
La réaction boursière a été immédiate. CoinDesk rapporte que l’action Circle a progressé d’environ 14 % lors des échanges de préouverture après l’annonce. Le média chiffre à 73,2 milliards de dollars le montant d’USDC en circulation, ce qui en fait le deuxième stablecoin adossé au dollar par la taille. Le communiqué de Circle décrit pour sa part l’USDC comme « le plus grand stablecoin régulé au monde » sans avancer de chiffre précis.
Un signal pour le cadre fédéral des stablecoins
L’approbation intervient dans un contexte réglementaire encore mouvant. Les régulateurs fédéraux ont dépassé le 18 juillet 2026 l’échéance d’un an fixée par le GENIUS Act sans finaliser les règles d’application des stablecoins, selon The Block. La Réserve fédérale, l’OCC, la FDIC, la NCUA et le Trésor s’appuient toujours sur des propositions et non sur des textes définitifs, plusieurs consultations restant ouvertes jusqu’en août.
Ce décalage ne repousse pas la date d’entrée en vigueur de la loi, prévue le 18 janvier 2027, ce qui laisse aux émetteurs une fenêtre de mise en conformité resserrée. Dans cet intervalle, l’obtention par Circle d’une charte fédérale offre à l’entreprise un ancrage réglementaire avant même la publication des règles définitives.
Une infrastructure de garde sous supervision fédérale
Le choix d’une banque fiduciaire, plutôt que d’une banque de dépôt classique, cible la garde et la gestion de réserves, les deux fonctions les plus sensibles pour un émetteur de stablecoin. En internalisant la garde de l’USDC sous supervision fédérale, Circle cherche à répondre aux attentes des institutions financières sur la traçabilité des réserves.
L’OCC a par ailleurs examiné, selon Banking Dive, des demandes comparables déposées par d’autres acteurs du secteur, signe d’un mouvement plus large de rapprochement entre plateformes crypto et cadre bancaire national. Reste à observer, une fois les règles du GENIUS Act finalisées, comment ces chartes s’articuleront avec les obligations de réserve et d’audit prévues par la loi.





