Nothing renonce à sortir un téléphone CMF en 2026, la flambée de la RAM en cause

Un smartphone posé sur une table, illustrant le marché de la téléphonie mobile touché par la hausse du prix des puces mémoire

Nothing a renoncé à lancer un nouveau smartphone sous sa marque abordable CMF en 2026, faute de pouvoir tenir son prix face à l’envolée du coût des puces mémoire. Le co-fondateur Akis Evangelidis l’a annoncé le 19 juin sur le réseau social X.

La décision fait de la marque budget de Nothing l’une des premières victimes assumées de la pénurie mondiale de mémoire, un choc de prix qui menace désormais tout le bas et le milieu de gamme. Selon Evangelidis, la firme a préféré ne rien sortir plutôt que de livrer une mise à jour itérative surfacturée.

Une annonce assumée par le co-fondateur

Dans son message publié sur X, Akis Evangelidis a justifié le choix par l’impossibilité de proposer un successeur crédible au tarif habituel de la gamme. « Le prix actuel de la RAM et du stockage a rendu impossible pour CMF de construire un téléphone qui puisse ressembler à un successeur réellement bon sans gonfler drastiquement le prix de vente », a-t-il écrit, selon le média spécialisé Beebom Gadgets.

Le co-fondateur a précisé vouloir attendre une stabilisation du marché avant de lancer un nouvel appareil abordable, plutôt que de commercialiser « une mise à jour itérative surpayée ». La marque CMF, qui avait bâti sa réputation sur des prix agressifs, ne présentera donc aucun téléphone cette année, un retour au calendrier n’étant pas attendu avant 2027 selon les informations relayées par GSMArena.

La mémoire, victime collatérale de l’intelligence artificielle

Le renoncement de CMF s’explique par une crise qui dépasse largement Nothing. La demande de mémoire à haute bande passante des géants du cloud a poussé les trois principaux fabricants, Samsung Electronics, SK Hynix et Micron, à réorienter leurs capacités vers les composants destinés aux centres de données d’intelligence artificielle, plus rémunérateurs.

Les conséquences sur les prix sont brutales. La RAM se négocie désormais « deux à trois fois plus cher » qu’un an plus tôt, rapporte Android Authority. Le média cite le cas des puces DDR4x de 4 Go, base de nombreux appareils d’entrée de gamme, passées d’environ 7 dollars début 2025 à plus de 30 dollars mi-novembre, soit une multiplication par plus de quatre.

Ce que redoutent les fabricants

  • Une hausse des coûts de fabrication des smartphones de 10 à 25 % d’ici fin 2026 selon les segments, d’après les estimations relayées par Android Authority.
  • Un possible retour de modèles budget à 6 Go, voire 4 Go de mémoire vive.
  • Une hausse de 16 % du coût de la LPDDR5, qui pourrait renchérir la série Galaxy S26 de Samsung.

Xiaomi a également averti ses clients d’une hausse probable de ses tarifs en 2026 en raison du coût des puces mémoire, tandis que Samsung et Apple ont eux aussi signalé des augmentations à venir, selon Engadget. Le cabinet Counterpoint Research a revu à la baisse de 2,6 % ses prévisions de livraisons mondiales de smartphones pour 2026. La pénurie touche d’abord les constructeurs sans usines de composants, contraints de se disputer les volumes restants dans une guerre d’enchères face aux commandes prioritaires des clients de l’intelligence artificielle.

Une accalmie repoussée à 2028

Aucun soulagement rapide n’est en vue. Les nouvelles capacités de production ne monteraient en puissance que progressivement : l’usine M15X de SK Hynix démarrerait sa production en 2026, tandis que les sites de Micron dans l’Idaho ne seraient opérationnels que dans la seconde moitié de 2027. Un retour à des prix plus cléments avant 2028 paraît improbable, selon l’analyse d’Android Authority.

Le cabinet IDC anticipe pour sa part un recul des volumes conjugué à une hausse des prix de vente moyens, la crise de la mémoire redessinant les perspectives du marché du PC comme du smartphone. Nothing, de son côté, prépare malgré tout une autre annonce de produit et n’exclut pas d’investir de nouvelles catégories cette année. La marque devra composer avec un environnement où chaque gigaoctet de mémoire pèse désormais lourd dans l’équation économique d’un téléphone d’entrée de gamme, segment le plus exposé selon les analystes cités par Android Authority.

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