Ubisoft repousse plusieurs gros jeux à 2028 et 2029 après un premier trimestre à 255,8 millions d’euros

Manettes de jeu, clavier et souris gaming poses sur une surface sombre

Ubisoft a publié le 23 juillet son chiffre d’affaires du premier trimestre 2026-27 et confirmé le report de plusieurs productions majeures aux exercices 2028 et 2029, dans le cadre d’une réorganisation autour de ses filiales créatives. Le communiqué, relayé par GlobeNewswire et Reuters, chiffre les net bookings à 255,8 millions d’euros.

Le résultat dépasse la cible d’environ 250 millions d’euros que l’éditeur français s’était fixée, mais recule de 9,2 % (8,7 % à taux de change constants) par rapport aux 281,6 millions d’euros du premier trimestre 2025-26. Ubisoft attribue ce repli à une base de comparaison élevée, l’an dernier ayant profité des ventes d’Assassin’s Creed Shadows, sorti le 20 mars 2025.

Des net bookings au-dessus de la cible

Selon le communiqué de l’éditeur, les net bookings de catalogue s’établissent à 221 millions d’euros, en baisse de 15 % sur un an, un recul lié pour l’essentiel à la contribution de Shadows lors du trimestre précédent. Reuters souligne que le chiffre, converti à environ 300 millions de dollars, reste supérieur aux attentes du marché.

Ubisoft table sur des net bookings d’environ 370 millions d’euros pour le deuxième trimestre et maintient ses objectifs annuels et à moyen terme. Le calendrier de sortie de l’exercice s’appuie sur Rayman Legends Retold et Just Dance Decades of Hits, tous deux attendus en octobre selon le document publié par la société.

Plusieurs gros titres repoussés à 2028 et 2029

Le point le plus commenté du rapport concerne le calendrier. Le directeur financier Frédérick Duguet a indiqué que certaines productions majeures avaient été décalées aux exercices fiscaux 2028 et 2029 afin d’améliorer leur qualité sur un marché jugé plus sélectif. « We will unveil more of the program more precisely in the year to come », a déclaré le dirigeant, cité par Reuters.

D’après les comptes rendus de Reuters et du média spécialisé Outlook Respawn, ces reports toucheraient de nouveaux volets de franchises importantes du groupe. Aucun titre n’a toutefois été nommé officiellement dans le communiqué, l’éditeur se limitant à évoquer « certaines grosses productions » repoussées de l’autre côté de l’exercice 2027-28.

Pour Ubisoft, l’enjeu tient à l’espacement de ses grosses sorties. Décaler plusieurs blockbusters vers 2028 et 2029 vide mécaniquement le calendrier des exercices intermédiaires, que l’éditeur devra combler avec des remakes, des remasters et des jeux service déjà en catalogue. Cette dépendance au back-catalogue explique en partie le poids des 221 millions d’euros qu’il représente ce trimestre, sur un total de 255,8 millions.

Une stratégie calquée sur le report de Shadows

La direction justifie ces décalages par les résultats obtenus après le report d’Assassin’s Creed Shadows, dont la sortie avait été repoussée à mars 2025. La méthode consiste à allonger les cycles de développement pour resserrer le nombre de sorties et miser sur des lancements plus aboutis, une orientation présentée comme centrale dans le plan de transformation en cours.

Cette réorganisation s’accompagne d’une restructuration autour des filiales créatives, dites Creative Houses, censées regrouper les équipes par grandes marques. Ubisoft avait engagé ce chantier après une année 2025-26 marquée par des coupes de coûts et une révision de son portefeuille, dans un contexte de tension financière pour plusieurs grands éditeurs.

La lecture du marché reste prudente. Reuters rappelle que l’éditeur avance dans un secteur plus sélectif, où les joueurs concentrent leurs achats sur un nombre réduit de titres et où les budgets de production continuent de grimper. En allongeant les cycles, Ubisoft parie sur des lancements mieux finis, au prix d’un chiffre d’affaires plus irrégulier d’un trimestre à l’autre.

Un lancement récent qui soutient le trimestre

Le trimestre a bénéficié du lancement d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced, sorti en juillet, qui affiche une note de 84 sur OpenCritic et Metacritic. L’éditeur revendique 3,5 millions d’exemplaires écoulés en sell-in au cours des quatorze premiers jours, un chiffre présenté comme supérieur aux prévisions annuelles pour ce titre.

Rapporté à une année complète, un net bookings trimestriel de 255,8 millions d’euros reste modeste au regard des exercices où Ubisoft alignait plusieurs sorties phares. La direction mise désormais sur la seconde moitié de l’exercice, plus fournie, pour tenir les objectifs confirmés le 23 juillet. Le conditionnel s’impose sur les titres décalés, dont ni l’identité ni les fenêtres précises n’ont été communiquées.

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