Bruxelles inflige 550 millions d’euros à AliExpress pour manquements au DSA

Un petit chariot de courses posé sur une table à côté d'un ordinateur portable, symbolisant le commerce en ligne

La Commission européenne a infligé le 20 juillet 2026 une amende de 550 millions d’euros à la plateforme AliExpress, jugée défaillante dans la lutte contre la vente de produits illégaux, contrefaits ou dangereux. C’est la plus lourde sanction jamais prononcée au titre du règlement sur les services numériques (DSA).

La décision, prise à l’issue d’une enquête ouverte en 2024, vise la filiale du groupe chinois Alibaba, classée très grande plateforme en ligne au sens du DSA. Selon la Commission, l’entreprise a mal évalué et insuffisamment atténué les risques systémiques liés aux produits mis en vente par des marchands tiers.

Des produits dangereux en ligne pendant des semaines

D’après les constatations de la Commission, des articles contrefaits, des jouets non conformes et des cosmétiques potentiellement dangereux sont restés accessibles pendant plusieurs semaines après avoir été signalés par les propres systèmes de modération d’AliExpress. L’enquête reproche à la plateforme d’avoir « surestimé » l’efficacité de ses outils de détection et de retrait.

Bruxelles pointe également un système d’autorisation des marques, censé prévenir la contrefaçon, jugé sous-doté en personnel et facile à contourner. La Commission estime par ailleurs que les systèmes de recommandation et de publicité de la plateforme ont amplifié la diffusion de produits illégaux, tandis que la politique de sanctions à l’encontre des vendeurs fautifs se révélait peu dissuasive.

Le principe d’une responsabilité proportionnée à la taille

La sanction s’inscrit dans une montée en puissance de l’application du DSA, entré en vigueur en 2023 pour responsabiliser les grandes plateformes sur les contenus et produits qu’elles hébergent. Le règlement impose aux acteurs dépassant 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union une obligation d’évaluer et de réduire les risques systémiques qu’ils font peser sur les consommateurs.

« L’échelle n’est pas une excuse ; les risques doivent être identifiés et traités de manière systématique afin que les consommateurs puissent faire leurs achats en toute sécurité en ligne », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie.

Ce qu’AliExpress doit faire

  • Soumettre d’ici au 20 octobre 2026 un plan détaillant les mesures correctives prévues ;
  • Renforcer l’évaluation de ses capacités humaines de modération ;
  • Revoir son dispositif d’authentification des marques et sa politique de sanctions contre les vendeurs récidivistes.

La plateforme conteste une amende « disproportionnée »

AliExpress a fait part de son désaccord. « Nous ne sommes pas d’accord avec la décision d’aujourd’hui ni avec cette amende disproportionnée, qui ne reflète pas correctement le cadre que nous avons mis en place », a réagi l’entreprise, qui met en avant les améliorations apportées à sa conformité depuis l’ouverture de l’enquête. La plateforme dispose de voies de recours devant la justice de l’Union.

Une série de sanctions qui s’alourdit

Le montant infligé à AliExpress dépasse largement les précédentes amendes prononcées au titre du DSA. La Commission avait sanctionné le réseau social X à hauteur de 120 millions d’euros en décembre 2025, puis la plateforme de commerce en ligne Temu de 200 millions d’euros en mai 2026 pour des manquements comparables liés à la vente de produits illégaux.

Selon la Commission, cette gradation témoigne d’une volonté d’aligner le niveau des sanctions sur la taille et l’exposition des plateformes concernées. Les entreprises visées disposent chacune de plusieurs semaines pour proposer des mesures correctives, sous peine de nouvelles pénalités susceptibles d’atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires mondial annuel, plafond prévu par le règlement.

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