Nvidia a dévoilé le 1er juin son premier processeur pour PC grand public depuis plus de dix ans, une puce baptisée N1X taillée pour les ordinateurs portables sous Windows, lors d’un discours du dirigeant Jensen Huang au salon Computex de Taipei.
Avec ce composant, le fabricant de cartes graphiques s’attaque frontalement à Intel, AMD et Qualcomm sur le terrain du processeur central, un marché qu’il avait déserté depuis la puce Tegra X1 du boîtier Shield TV. L’annonce a fait reculer en Bourse les actions des trois concurrents dans les heures qui ont suivi, selon la chaîne financière CNBC.
Une architecture Arm couplée à un GPU maison
Le N1X repose sur une architecture Arm, différente du x86 qui domine les PC depuis des décennies. Selon les fiches techniques rapportées par Tom’s Hardware, la puce embarque vingt cœurs répartis en deux grappes de dix, dix cœurs de performance et dix d’efficacité, partageant 32 Mo de mémoire cache de troisième niveau. Une déclinaison plus modeste, le N1, viserait des configurations de dix à douze cœurs.
La partie graphique constitue l’argument central. Elle s’appuie sur l’architecture Blackwell et aligne 6 144 cœurs CUDA, soit le même nombre que la carte graphique de bureau GeForce RTX 5070, d’après les mêmes documents. Nvidia y ajoute des cœurs Tensor de cinquième génération et des unités dédiées au calcul d’éclairage, censés faire tourner localement des modèles d’intelligence artificielle sans passer par un centre de données distant.
Nvidia et Microsoft veulent « réinventer le PC »
Sur scène, Jensen Huang a présenté la puce comme « le composant le plus incroyable jamais construit » et a assuré que « cent pour cent de la pile logicielle Nvidia » y fonctionnait. « Tout ce qui touche à CUDA, toute l’IA, tous les graphismes, aucun problème », a-t-il déclaré, promettant que Microsoft et Nvidia avaient « méticuleusement optimisé » l’ensemble pour Windows.
Le dirigeant a affirmé vouloir, avec Microsoft, « réinventer le PC ». L’enjeu porte moins sur la performance brute que sur l’accès complet à CUDA, l’environnement logiciel propriétaire de Nvidia utilisé par la quasi-totalité des développeurs d’IA, jusqu’ici cantonné aux machines équipées de cartes graphiques dédiées. Ce superlatif du dirigeant relève toutefois de l’argumentaire commercial, aucune machine du commerce n’ayant encore été testée par des tiers indépendants.
Un pari qui rebat les cartes du marché PC
L’arrivée de Nvidia bouscule un secteur où Intel et AMD règnent sur l’architecture x86, tandis que Qualcomm portait jusqu’ici seul les ambitions de Windows sur Arm. En s’appuyant sur son quasi-monopole des puces d’IA, le fabricant tente d’étendre au portable une position acquise dans les centres de données, où il est devenu l’entreprise la plus valorisée au monde.
Le passage à Arm soulève néanmoins la question de la compatibilité des logiciels x86 existants, principal obstacle des précédentes tentatives sous Windows on Arm. Ni Nvidia ni Microsoft n’ont détaillé la manière dont les applications anciennes tourneraient sur ces machines, un point qui conditionnera l’adoption par le grand public.
Une disponibilité annoncée pour l’automne
Les premières machines devraient arriver sur le marché à l’automne 2026, avant les fêtes de fin d’année, une commercialisation plus large étant attendue début 2027, selon les fuites de la chaîne d’approvisionnement relayées par Notebookcheck. Dell, Lenovo, Asus et MSI figureraient parmi les premiers fabricants à intégrer la puce dans des portables.
Ces échéances restent tributaires du calendrier des constructeurs, qui n’ont confirmé ni date précise, ni tarif, ni configuration finale des premiers modèles. Nvidia n’a pas non plus précisé les volumes prévus, plusieurs analystes cités par la presse spécialisée tablant sur une disponibilité limitée lors du lancement.





