SpaceX rachète Cursor pour 60 milliards de dollars en actions

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SpaceX a annoncé le 16 juin 2026 le rachat d’Anysphere, l’éditeur de l’assistant de programmation Cursor, dans une opération entièrement en actions valorisant la jeune pousse à 60 milliards de dollars. L’entreprise d’Elon Musk exerce ainsi une option de rachat négociée dès avril, quelques jours seulement après son entrée en Bourse.

L’accord, s’il est mené à terme, s’imposerait comme le plus important rachat jamais réalisé d’une start-up financée par du capital-risque. Il illustre la volonté du groupe de renforcer une division d’intelligence artificielle en difficulté, tout en offrant à Cursor l’accès aux infrastructures de calcul de xAI, la filiale IA de SpaceX.

Une transaction en actions valorisée à 60 milliards

Selon CNBC, l’opération est structurée en actions et non en numéraire, et devrait être finalisée au troisième trimestre 2026, faisant de Cursor une filiale détenue à 100 % par SpaceX. Le média rappelle que la valorisation de 60 milliards de dollars représente près du double des quelque 29 milliards attribués à l’entreprise avant l’accord.

D’après TechCrunch, l’annonce est intervenue quatre jours après l’introduction en Bourse de SpaceX, dont l’action serait passée d’environ 135 à plus de 200 dollars en quelques séances. Le même média souligne que Cursor, fondée en 2022 sous le nom d’Anysphere, avait levé 2,3 milliards de dollars fin 2025 et négociait encore un tour de table distinct de 2 milliards avant d’être rachetée.

Une option de rachat négociée dès avril

Le rapprochement ne date pas de juin. SpaceX avait sécurisé en avril un accord d’option lui donnant le droit soit d’acquérir Anysphere pour 60 milliards de dollars, soit de renoncer moyennant un dédit estimé à environ 10 milliards de dollars, selon CNBC.

Cursor avait alors indiqué qu’un adossement à xAI lui permettrait de développer ses futurs produits logiciels en s’appuyant sur le complexe de centres de données de xAI situé à Memphis, dans le Tennessee, d’après CBS News. Le média précise que Cursor sera placée sous l’autorité de cette filiale une fois l’opération bouclée.

Cette architecture contractuelle avait de fait figé la trajectoire de la start-up plusieurs semaines avant l’annonce définitive. Elle explique aussi pourquoi Anysphere poursuivait en parallèle une levée de fonds, l’option laissant ouverte l’hypothèse d’un maintien en indépendance jusqu’à la décision finale de SpaceX.

La déclaration du dirigeant de Cursor

Le directeur général d’Anysphere, Michael Truell, a confirmé l’exercice de l’option dans un communiqué relayé par CBS News. « Nous sommes ravis d’annoncer que SpaceX a exercé son option d’acquisition de Cursor dans le cadre d’une transaction entièrement en actions, avec pour objectif de construire les modèles d’IA les plus utiles au monde », a-t-il déclaré.

Il a ajouté vouloir « travailler en étroite collaboration avec l’équipe de SpaceX pour faire progresser [les] capacités d’IA de pointe » de l’entreprise. Âgé de 25 ans, Michael Truell figure parmi les cofondateurs dont la fortune serait considérablement accrue par l’opération, selon Fortune.

Un pari sur le marché de l’IA d’entreprise

Le rachat s’inscrit dans la stratégie de SpaceX pour consolider une activité d’IA fragilisée. Le groupe, qui a fusionné xAI plus tôt dans l’année, aurait présenté à ses investisseurs un marché adressable évalué à 26 000 milliards de dollars, dont 22 700 milliards pour les seules applications destinées aux entreprises, rapporte TechCrunch.

Elon Musk aurait lui-même reconnu que xAI « n’avait pas été construite correctement la première fois », selon le même média, une formule qui situe l’acquisition dans une logique de reconstruction après plusieurs départs à la direction. Cursor revendiquait un chiffre d’affaires annualisé proche de 4 milliards de dollars en moins de quatre ans, dont l’essentiel provenant de clients professionnels, un rythme rare pour un logiciel d’IA.

La clôture attendue au troisième trimestre reste soumise aux autorisations réglementaires habituelles, dans un contexte de surveillance accrue des méga-fusions technologiques. La finalisation de l’opération dira si le multiple d’environ quinze fois le chiffre d’affaires payé par SpaceX se justifie dans un secteur où les valorisations de l’IA restent scrutées.

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