Nvidia investit dans Safe Superintelligence, la start-up d’Ilya Sutskever valorisée 32 milliards

Gros plan d'une puce graphique Nvidia, illustrant l'infrastructure de calcul pour l'intelligence artificielle

Nvidia a annoncé le 27 juillet 2026 un partenariat stratégique de long terme avec Safe Superintelligence Inc. (SSI), la société d’intelligence artificielle fondée par Ilya Sutskever, ancien directeur scientifique d’OpenAI. Selon Bloomberg, le fabricant de puces engage environ 5 milliards de dollars dans une start-up qui n’a encore commercialisé aucun produit.

L’opération place SSI, lancée en 2024, parmi les jeunes pousses d’IA les plus richement dotées de la planète, avec une valorisation de 32 milliards de dollars atteinte dès février 2025. Elle illustre la stratégie de Nvidia, qui multiplie les prises de participation directes chez ses plus gros acheteurs de puces afin de verrouiller la demande pour ses futures générations de processeurs graphiques.

Un accès prioritaire à la plateforme Vera Rubin

Au-delà du capital, l’accord porte sur l’accès de SSI à Vera Rubin, la prochaine génération de plateforme de calcul de Nvidia, présentée comme sa solution la plus performante. Selon le communiqué de Nvidia, ce partenariat permettra à SSI d’augmenter sa capacité de calcul d’un ordre de grandeur, soit une multiplication par dix des ressources aujourd’hui disponibles.

« Ilya a été le pionnier de percées fondamentales à la base de l’IA moderne, à commencer par AlexNet. Nous sommes impatients de voir quelles nouvelles avancées SSI va découvrir grâce à notre plateforme Vera Rubin », a déclaré Jensen Huang, fondateur et directeur général de Nvidia, dans le communiqué officiel.

Une trajectoire de valorisation vertigineuse

SSI a levé 1 milliard de dollars à sa création en 2024, sur une valorisation initiale de 5 milliards, puis 2 milliards supplémentaires en février 2025, portant sa valeur à 32 milliards. En un peu plus d’un an, la valorisation de la société aurait ainsi progressé de plus de 500 %, alors que l’entreprise ne compte qu’une cinquantaine de salariés et n’a publié ni produit commercial ni travaux de recherche.

Parmi ses investisseurs figuraient déjà Andreessen Horowitz, Alphabet, Lightspeed Venture Partners, GV et Sequoia Capital, désormais rejoints par Nvidia. Cette concentration de capital vers un très petit nombre d’acteurs de l’IA confirme, selon les données de Crunchbase, une tendance où les mégatours de table se multiplient malgré l’absence de revenus pour les entreprises concernées.

Le pari de la recherche avant le produit

SSI revendique une approche dite « straight shot » : concentrer l’ensemble de ses moyens sur la mise au point d’une superintelligence sûre, sans passer par des produits intermédiaires générateurs de chiffre d’affaires. Cette stratégie explique l’absence de toute offre commerciale deux ans après la création de la société, restée en grande partie discrète sur ses travaux.

« Nous avons des recherches qui méritent d’être passées à l’échelle, et l’accès à un grand ordinateur Nvidia va nous le permettre », a indiqué Ilya Sutskever, cofondateur et directeur général de SSI, cité dans le communiqué. Le dirigeant, dont les travaux ont contribué à AlexNet, AlphaGo et aux modèles GPT, codirige la société avec Daniel Levy.

Nvidia consolide son emprise sur l’écosystème IA

Cet investissement s’ajoute à une série de prises de participation de Nvidia dans les principaux laboratoires et fournisseurs d’infrastructure d’IA. En finançant directement des clients qui reposent sur ses puces, le groupe dirigé par Jensen Huang sécurise à la fois des débouchés commerciaux pour Vera Rubin et une position centrale dans la course à l’intelligence artificielle générale.

Le montant précis engagé par Nvidia n’a pas été confirmé officiellement, l’entreprise et SSI n’ayant pas détaillé les termes financiers de l’accord. Les prochaines étapes, notamment le calendrier de déploiement de la plateforme Vera Rubin, devraient être précisées dans les mois à venir.

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