Google a fermé la porte des recours in-app pour les décisions de conformité vieilles de plus de six mois. La mesure, glissée dans le centre d’aide des règles publicitaires le 21 juillet 2026, est entrée en vigueur le jour même, sans blog ni vidéo d’accompagnement.
Le changement modifie une brique jusqu’ici discrète de la gestion des comptes publicitaires. Les annonceurs pouvaient contester depuis leur interface n’importe quelle sanction, quelle que soit son ancienneté ; ils disposent désormais d’une fenêtre fermée, au-delà de laquelle seul le support de Google reste théoriquement accessible.
Ce que dit exactement la mise à jour
La note, publiée dans le journal des modifications du centre d’aide sous le titre « Update to Appeals Limits (July 2026) », tient en une phrase. « À compter du 21 juillet 2026, l’option permettant de contester une décision de conformité directement depuis votre compte Google Ads ne sera pas disponible pour les décisions de conformité prises plus de six mois auparavant », indique le texte, qui renvoie les cas plus anciens vers le support.
Le compteur démarre à la date de la mesure d’application, et non au moment où l’annonceur découvre l’infraction, selon le média spécialisé PPC Land, qui a documenté la formulation. Un compte réactivé après une longue suspension pourrait donc se retrouver sans voie de recours interne pour les décisions les plus anciennes de son historique.
Une publication sans préavis, inhabituelle chez Google
Le point le plus commenté n’est pas tant la règle que sa méthode de déploiement. La date d’annonce et la date d’entrée en vigueur sont identiques, un procédé qui tranche avec les préavis habituels de l’entreprise. Search Engine Roundtable, édité par Barry Schwartz, a été l’un des premiers à relayer la modification, repérée dans le seul journal des changements de la documentation.
PPC Land souligne que Google accorde d’ordinaire des délais allant de seize jours à deux ans pour les évolutions de règles, et relève « zéro préavis » pour celle-ci. Le média note aussi une tension apparente dans le discours de Google, qui affirme par ailleurs que « 99 % des recours sont résolus en moins de vingt-quatre heures ». Si la quasi-totalité des contestations aboutissent aussi vite, l’utilité d’une fenêtre fermée pour les dossiers plus anciens reste, selon plusieurs observateurs, difficile à justifier.
Un historique d’application massif désormais figé
La portée dépend de l’ampleur des sanctions concernées. Le rapport 2025 de Google sur la sécurité des annonces faisait état de 24,9 millions de comptes suspendus sur la seule année, auxquels s’ajoutent des milliards de suppressions de publicités. Chacune de ces mesures tombe maintenant sous le coup de la limite de six mois pour un recours en libre-service.
Plusieurs zones d’ombre subsistent. La note d’une phrase ne précise pas si les recours menés hors interface, via le support, restent réellement ouverts, ni ce que l’annonceur voit lorsque le bouton de contestation disparaît. Elle ne dit pas non plus si la fenêtre de six mois est définitive ou susceptible d’être ajustée.
Ce que la mesure implique pour la gestion des comptes
Pour les annonceurs disposant d’un long historique de sanctions, la conséquence pratique est un impératif de réactivité. Les décisions non contestées dans les temps deviennent en effet difficiles à faire revoir par les canaux habituels. Le sujet est loin d’être marginal pour les acheteurs média, chez qui une catégorie de produit mal étiquetée ou une page de destination jugée non conforme peut geler la diffusion d’une campagne entière tant que la sanction n’est pas levée.
- Auditer les décisions de conformité récentes et repérer celles qui approchent de la limite des six mois.
- Documenter chaque désaccord dès la notification, plutôt que de différer un recours.
- Conserver la trace des échanges avec le support pour les dossiers dépassant la fenêtre.
Le changement s’inscrit dans une série d’ajustements de gouvernance côté Google Ads au cours de l’été 2026, du durcissement des accès aux comptes à l’extension de règles sectorielles. La contestation de conformité, longtemps ouverte sans limite de temps, rejoint désormais ce mouvement de resserrement.





