Instacart a annoncé le 16 juillet 2026 l’acquisition d’Arpalus, une société israélienne de vision par ordinateur qui transforme un simple scan vidéo d’un rayon de supermarché en un état des stocks en temps réel. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué. Le géant américain de la livraison de courses entend déployer cette technologie sur son réseau de préparateurs et dans ses chariots connectés Caper Carts.
Le rachat vise un problème tenace du commerce alimentaire : les ruptures de stock non détectées et les catalogues incomplets qui provoquent substitutions, annulations et perte de confiance des clients en ligne. Arpalus, fondée en 2019, revendique une identification des produits en rayon avec une précision « supérieure à 95 % en moyenne », y compris dans des conditions difficiles de Wi-Fi faible, d’éclairage inégal ou de produits densément empilés, selon le communiqué d’Instacart.
Ce que fait Arpalus
La technologie d’Arpalus repose sur la vision par ordinateur : à partir d’une vidéo filmée dans les allées, le système reconstruit une image de ce qui se trouve réellement sur les étagères, référence par référence. L’entreprise, qui sert des enseignes et des marques de grande consommation, protège son procédé par des brevets déposés aux États-Unis et en Europe, d’après les informations relayées par Supermarket News.
« L’équipe d’Arpalus a passé des années à bâtir une technologie de shelf intelligence exceptionnelle, résolvant le problème de savoir ce qui se trouve réellement sur les rayons, à tout moment », a déclaré David McIntosh, Chief Connected Stores Officer d’Instacart, dans le communiqué officiel.
Une brique de la stratégie « Physical AI »
Instacart prévoit de faire remonter des données de rayon en temps réel via son réseau de 600 000 préparateurs, qui pourraient générer ces relevés depuis l’application qu’ils utilisent déjà. Les relevés alimenteraient sa solution Store View destinée aux distributeurs et seraient intégrés aux Caper Carts, ces chariots équipés de caméras externes capables de mettre à jour l’inventaire au fil des courses.
Le groupe présente l’opération comme une pièce de sa stratégie dite de « Physical AI », qui cherche à relier l’expérience d’achat en ligne et en magasin. Une meilleure connaissance des stocks en rayon est censée améliorer la précision des préparations de commandes et rendre plus pertinentes ses fonctions d’achat assistées par l’IA.
Une acquisition sans montant dévoilé
Comme souvent dans ce type d’opérations, Instacart n’a pas précisé le prix payé ni la structure de la transaction. Le communiqué ne détaille pas non plus le calendrier d’intégration des équipes d’Arpalus. « Rejoindre Instacart est une étape charnière. En combinant l’innovation d’Arpalus en IA avec l’échelle et la portée d’Instacart dans le commerce, nous accélérons l’avenir du commerce intelligent », a affirmé Ofir Zilberberg, fondateur et directeur général d’Arpalus, cité dans le communiqué.
Le contexte du commerce augmenté par l’IA
L’opération s’inscrit dans une vague de rapprochements où les acteurs de la distribution intègrent des briques de vision par ordinateur pour numériser le magasin physique. Instacart, coté en Bourse depuis 2023, exploite déjà plusieurs outils destinés aux enseignes, dont sa plateforme Storefront Pro pour les sites de e-commerce détenus par les distributeurs, selon Supermarket News. L’ajout d’Arpalus vient prolonger cette panoplie côté données en rayon.
Pour les marques de grande consommation, une cartographie fiable et fréquente des linéaires représente un enjeu commercial direct : mesurer la disponibilité réelle d’un produit, repérer les ruptures et ajuster le réapprovisionnement. La question de la fréquence et de la couverture de ces relevés, à l’échelle des centaines de milliers de préparateurs annoncés, déterminera la valeur opérationnelle de la technologie une fois déployée.
Instacart n’a pas communiqué de date de généralisation d’Arpalus dans ses chariots et ses services aux distributeurs.





